Techniques.

  Sur cette page je parle de ma façon de peindre...

    Depuis aussi longtemps que je me souvienne j'ai dessiné. Avec les années le temps m'a apporté toute une série d'expériences. Je vous en conte quelques unes. 

 

a. trucs partagés

b. articles parus

c. ( à venir...) glossaire, matériel de l'aquarelliste, etc.

 

 

A.    Trucs partagés...

 1       L'aquarelle sur toile: Pour expérimenter ce médium sur un support traditionnellement réservé à la peinture à l'huile, vous devez d'abord recouvrir la surface de la toile avec du gesso. Plusieurs couches sont parfois requises, offrez vous la possibilité d'explorer avec la texture du gesso les résultats sont fascinants. Avec cette technique les couleurs sont brillantes comme de l'huile. Le "wet in wet" s'y prête merveilleusement.

 

         2    Voici un truc qui m'aide parfois quand rien ne surgit de la peur de la page blanche. Je prend une grande feuille ( la taille de la toile ) je la place devant moi par terre et je laisse tomber dessus des macaronis et des spagettis ensuite je note sur une petite feuille  à l'échelle, les lignes et les formes qu'ils crées. Généralement j'en fait toute une série, de là je laisse monter ce qui surgit du dessin: le dos d'un poisson, une montagne, etc. Croyez-moi c'est rapide efficace et fun!

 

           3 Lorsque vous peigner à l'aquarelle ayez toujours la métaphore suivante à l'esprit: L'aquarelle, c'est comme le golf: moins je frappe de coups mieux je joue. J'évite de repasser afin de ne pas mélanger les pigments, n'oublier pas que sur toile  le médium n'imprègne pratiquement pas le support  ( contrairement au papier ) la couleur se dépose seulement. D'ailleurs lorsque je termine un tableau je le vernis ( imp: vernis acrylique ) afin de le conserver, sinon le moindre doigt peu effacer complètement une partie!!!

           

             4Avec du papier cellophane, recouvrez la surface de la toile pendant que celle-ci est mouillé et laisser sécher. J'utilise cette méthode pour donner des textures aux roches aux arbres etc.

        

              5Beaucoup plus connue: la technique du sel est un outil très efficace mais difficile a contrôler. Lorsque la toile est détrempée placer-y du sel. Les effets sont spectaculaire. Jouer avec la quantité d'eau & la grosseur des cristaux. Faite le avec l'idée de faire des expériences. Utiliser du gros sel sinon vous pourriez être déçu de certaines tentatives

           

          6 J'ai beaucoup appris auprès de l'aquarelliste Ming-Mâ, en autre une phrase qui m'est restée: "Pour progresser il est nécessaire de se donner la possibilité de faire des erreurs". Jouer & expérimenter avec ou sans techniques(talent) et ne vous préocupper que de vous amuser a colorier!!!

 

   7  Vous pouvez utiliser les formes naturelles, pour créer de magnifiques effets, prenez  feuilles, tiges, en fait tout ce qui vous tente! et déposez simplement sur votre lavis encore mouillé. 

 

 

 

B.  Articles du Lavis en Couleur

 

Volume 12, numéro 2, printemps 2003

L’Aquarelle sur toile, 

       Lorsque je peins en public, invariablement il m’est donné de constater l’étonnement suscité pour l’aquarelle sur canevas. . Encore aujourd’hui, ce mode d’expression demeure pratiquement inconnu. Il me fait donc extrêmement plaisir de tenter de démystifier et d’exposer cette technique

 

       Il y a maintenant 10 ans, j’ai suivi une série de cours auprès de l’aquarelliste Ming Ma. Grâce à lui je fut initié à ce qui est devenu ma façon privilégié de peindre. Maintenant que j’ai rendu à César ce qui appartient à César, le temps est venu de partager cet immense cadeau que la vie m’a offerte :

 

      Voyons tout d’abord le support, il existe sur le marché plusieurs types de toiles ( du latin tela de terere, signifiant tisser. Apparaît au XVI  siècle, en lin, par marouflage sur bois. ) Aujourd’hui il existe 2 types de fibres, les végétales composées de lin, coton, chanvre ou jute et les synthétiques faites de polyester comme le Dacron le térylène ou le diolen.

 

       Le type de toile utilisé importe peu puisque la technique que je met en exergue ici s’effectue non directement sur le support. Il est donc possible d’employer aussi les cartons entoilés qui donnent des résultats tout aussi probants. Le secret le mieux gardé (du moins jusqu'à maintenant !) consiste au préalable a recouvrir la toile d’un aprèt qui permettra de fixer le médium. En effet si vous tentez de peindre directement sur la toile les résultats seront désastreux puisque généralement le canevas est imperméable ( essayez de peindre à l’aquarelle sur votre voiture fraîchement cirée !!! )

 

        Sur papier les pigments pénètrent les fibres. Sur toile vous devez créer cette perméabilité. Le truc consiste à recouvrir soigneusement le canevas de gesso acrylique moderne, une émulsion de polymère ( rien a voir avec le gesso des anciens maîtres désignant un pigment ou « charge » mélangé à un liant « colle » composé de gélatine chaude « colle de peau » et de craie ou « plâtre mort » Personnellement j’emploie la marque Liquitex à séchage très rapide, sans craquelure et insensible à l’humidité. Il est aussi possible d’utiliser le Caparol Binder un autre apprêt synthétique issu de la construction.

 

       Dès lors il vous sera possible de poser les couleurs sur toile. Prévoyez plusieurs couches pour des résultats optimaux. Un léger sablage est recommandé entre chaque applications. Durant cette étape préparatoire il vous Est possible d’explorer différentes textures, précisément pourquoi j’exécute mes croquis au préalable afin de déterminer où cette approche sera utile ( ex : j’emploi des pinceaux de soie de porc pour texturer l’application du gesso afin de rendre l’écorce des arbres ou les plumes des oiseaux).Après 2 –3 couches j’exécute mon croquis avec une mine dure, la moins grasse possible : H4-H5-H6.Attention toute utilisation de gomme à effacer rendra inopérant le gesso comme support.

 

        Les effaces contiennent Des substances grasses ). C’est pourquoi j’applique toujours Une couche finale de gesso après l’exécution du croquis. Puisque les pigments se trouvent déposées sur le gesso contrairement au papier qui absorbe en profondeur Les couleurs paraissent ainsi plus vives et intenses.

 

        Dans un futur article j’élaborerai sur les techniques spécifiques à la toile qui diffèrent beaucoup de celles préconisant le papier. Vous devrez maîtriser une nouvelle approche à l’application. A vous de choisir quelle Expression artistique vous apparaît la plus pertinente pour votre démarche. A vos pinceaux…. prêt….peignez !

 

 

 

Volume 13, numéro 1, Automne 2003

L’aquarelle sur toile suite et fin

 

       Faisant suite à l’article publié dans le numéro précédant où j’explicitais la méthodologie du processus préparatoire. Je mets aujourd`hui en exergue les techniques inérentes à ce type de support.

 

       Puisque les pigments d’aquarelles demeurent sur la surface du gesso, contrairement au papier où ils sont absorbés, les procédés conventionnels doivent donc impérativement être adaptés afin de tenir compte de cette caractéristique. Peindre sur toile avec l’aquarelle requiert pratique et patience. 

 

        Voici donc quelques trucs qui pourront-je l’espère vous informer tout en vous guidant dans vos futures exaltations créatrices.

 

1. La Planification :

Je recommande fortement les étapes préparatoires suivantes :

 

-- Application suffisante de gesso.

-- Exécution d’un croquis couleur détaillé.

-- Traçage méticuleux et léger de l’œuvre sur le support.

 

        Utiliser le crayon le plus tendre et le moins gras possible. Il est interdit d’effacer quelques lignes qui soient ; le gras de la gomme rendra inutile l’étape du gesso, l’aquarelle ne tiendra plus, d’où l’importance d’un bon croquis préparatoire. Chaque trait de crayon doit être le bon.

 

        Ayez  à l’esprit que peindre à l’aquarelle sur une surface imperméable nécessite qu’un grand nombre de décisions soit déjà prisent avant de se lancer à  l’exécution finale (du moins pour les artistes figuratifs).

 

2. Techniques :

          Ma façon de peindre privilégie une approche calligraphique afin de limiter que des touches subséquentes au même endroit ne soulèvent les pigments déjà présent sur le gesso, voilà le grand secret : ne jamais repasser si possible.

 

          Si vous recherchez des résultats probants, peignez comme si vous faisiez des encres chinoises sur du papier de riz. Vos œuvres rutileront de couleurs éclatantes. Utiliser votre toile comme si c’était votre palette de mélanges, le tout en une touche si possible, c‘est le joyeux défi.. C’est un contexte idéal pour le ``wet in wet ``. La période de séchage sera parfois très longue avant que les particules pigmentaires ne se déposent sur le gesso.

 

           La capacité de dispersion est infinie, en contre partie, cette approche ne permet qu’un contrôle limité. Avec de l’entraînement l’artiste développe une connaissance intrinsèque de la charge d’eau adéquate afin d’exécuter des touches adaptées à l’effet désiré. Cela donne des effets incroyables, mais pratiquement incontrôlables, assurez-vous de peindre sur une surface plane,  sinon votre œuvre disparaîtra en gouttelettes sur votre table!

         

           Le comportement ou l’interaction des couleurs ensembles varie énormément selon les marquesl, encore une fois l’expérimentation sera le gage de belles aventures. Certains pigments réagissent mal. La famille des terres plus particulièrement les marques plus granuleuses se travaillent plutôt difficilement.. En règle générale j’évite aussi les tubes qui contiennent de larges quantités de liants à base de sucre.

 

           Pour un contrôle plus avisé du fleurissement des couleurs, la méthode du wet on dry s’avère la plus appropriée. L’épanchement des particules pigmentaires sera limité à la surface de la touche.

 

           Peindre sur toile nécessite de bons outils, en particulier pour les pinceaux. Les tirures de Kolinski ou de Martre s’avèrent les meilleurs : sur gesso un pinceau à charge trop faible et libération inégale ne pardonne pas.

 

           Par contre l’emploi de techniques mixtes comme le sel de mer ou les papiers cellophanes donnent des résultats remarquables avec des degrés de saturations des couleurs plus élevés (illusion du facteur d’illumination du à une surface plus réfléchissante.)

 

           Avec le gesso, l’artiste dispose également de la possibilité de retrouver en tout temps le blanc. Même séchés les pigments ont peu d’ancrage sur la surface, il est ainsi aisé avec un matériel absorbant humide, d’enlever toute trace de couleurs. Il y a quelques exceptions, notamment les phtalos et les cyanines qui possèdent un grand pouvoir tachant et colore définitivement le gesso.

 

         En fait, tant que l’œuvre n' a pas été vernie Elle demeurent à la merci des accidents. Même vos doigts peuvent altérer votre création.. Pour protéger mes œuvres, a façon de procéder actuellement consiste à diluer un produit du nom de « MAT ACRYLIQUE » avec 20-30% d’eau et de l’appliquer sur l’aquarelle avec une brosse ultra-douce, en passage unique. Cela représente une étape critique. Soyez doux et décidé car l’eau du mélange peu solubilisé votre œuvre dans votre apprêt. Laisser sécher avant de repasser, appliquer 2 à 3 couches minces. Avec le temps et les manutentions, un craquelage peu subvenir aux endroits ou la peinture est appliquée de façon trop épaisse. 

 

          Par expérience mon emploi des vernis sur le marché, a révélé avec le temps de plus ou moins fort jaunissements, voilà pourquoi j’utilise maintenant un polymère acrylique.

 

3. Avantages versus papier

Couleurs plus vive (saturation) parce que les pigments sont tous sur le gesso comparativement au papier.

 

Possibilité d’effacer (travailler en négatif) jusqu’au blanc et ce autant de fois qu’on le désire

 

Moins de planification plus de spontanéité par le jet de couleurs.

 

L’encadrement du produit fini est le même qu’à l’acrylique ou l’huile, moins onéreuse, il ne nécessite point de passe-partout sans acide ni de vitre.

 

Selon le format de la toile et le type de papier, il est parfois moins onéreux de peindre sur toile.

 

Ne vous faites pas d’illusion il y a aussi des désavantages et ils sont nombreux. Le papier vous offre son grain, bien maîtrisé, il demeure un support extraordinaire.

 

         Voilà donc quelques notions, fruits de mes expériences que je vous ai partagés dans cet article. En espérant que cela aura démystifié un tant soi-peu cette technique méconnue et quelle vous inspirera de magnifiques créations. Pour plus d’informations je dispense des cours et des ateliers d’aquarelle ainsi que de dessin.

 

A vos pinceaux… prêts, peignez! 

 

               J'ai l'intention de faire grandir cette section très  bientôt ( glossaire, matériels et d'autre techniques) alors  surveillez les mises à jour!

 mise à jour 14/09/2004